Les ravageurs de l'olivier

Un grand merci à Jean-François Denis (www.jfdenis.fr)  auteur de la majorité de ces magnifiques photos.

 

Les ravageurs de l’olivier

 

 

LA COCHENILLE NOIRE DE L’OLIVIER

 Saisettia Olea

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La cochenille est une espèce pathogénique qui a trois stades de développement et une génération par an. La femelle adulte est de couleur brun sombre est mesure 3 à 4 mm de long (photo 2 et 3) elle peut pondre jusqu’à 2000 oeufs. Les larves sont de couleur saumon (ph 3, 4, 5). Le premier stade larvaire (L1) est très mobile, les stades L2 et L3 le sont moins. Quant à l’adulte, elle reste fixée.

L’éclosion des larves a lieu de juin à août. Après l’essaimage, courte période de mobilité (36 h maxi), elles se fixent à la face inférieure des jeunes rameaux. Elles évoluent ensuite en stade L2 et L3 qui, comme les adultes, restent fixées sur l’arbre car leurs pattes sont atrophiées. A la fin de l’automne la population larvaire va rentrer en hivernation jusqu’au printemps où elles reprennent leur évolution, les L2 deviennent L3 et les L3 deviennent adultes (ph 6), reconnaissable par un relief en forme de H sur son bouclier. Fin mai elle pondra ses œufs sous son bouclier.

 

Dégâts occasionnés

La cochenille se nourrit de la sève ; si la population est très élevée cela provoque un affaiblissement de l’arbre. Mais le dégât le plus important est celui causé par le miellat sécrété car les cochenilles ne digèrent pas les sucres. La conséquence est un développement de fumagine (complexe de différents champignons ph 7) qui bloque la photosynthèse et entraîne une défoliation.

 

Stratégies de lutte

 3 possibilités :

  • La taille des rameaux atteints en hiver
  • L’utilisation des auxiliaires tels que les métaphycus Bartletti (ph 8), les Scutellista cyanea, Coccinelles coccidiphages et les larves de Chrysope qui sont tous les trois très présentes dans les vergers de mai à octobre. L’inconvénient est que ces insectes sont sensibles aux produits phytosanitaires appliqués pour d’autres ravageurs, donc il faut être attentif à ne pas détruire l’écosystème.
  • L’application aux stades L1 et L2 en été, d’un insecticide régulateur de croissance  (en traitement raisonnée),
  • Le comptage de cochenilles noires en hiver et le nombre de larves vivantes nous indiquent l’action à mener.

 

Les traitements pour la fumagine sont abordés dans la partie « maladie de l’olivier » ci-après.

 

  

LA TEIGNE DE L’OLIVIER

Prays oleae

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La teigne (ph 1) est un ravageur de quantité car il peut entraîner une perte de récolte non négligeable qui peut atteindre 75% de la production.

C’est un papillon de couleur argenté de 6 mm de long et d’une envergure de 14 mm, la larve ou chenille est elle de couleur beige-verdâtre est mesure 7 mm de long en fin de développement.

La teigne vit toute l’année dans le verger et 3 générations se succèdent.

Dégâts occasionnés

  • la génération anthophage (printemps) pond à l’intérieur du bouton floral jusqu’à 250 oeufs. Attaque des boutons floraux et des fleurs (ph 2) . On peut observer un tissage de fils de soie dans lequel se retrouve un agglomérat de déjection brun (ph 3 et 4), à terme, les fleurs sèchent et tombent (ph5) ² problèmes de fécondation et de nouaison.
  • la génération carpophage (été).La larve a effectué sa nymphose entre les fleurs et va pondre sur le calice des jeunes fruits. La 2ème génération de larves pénètre à l’insertion du pédoncule, dans le noyau non sclérifié de l’olive et se développe en se nourrissant de l’amandon. La nymphose s’effectue dans le noyau. En septembre la larve âgée ressort en perçant un orifice toujours à l’insertion du pédoncule (ph 6 et 7) provoquant la chute prématurée des olives ² perte de récolte. Elle va pondre sur la face supérieure des feuilles.
  • la génération phylophage (hiver, début printemps).La 3ème génération restera sous forme larvaire pendant l’hiver et effectuera sa nymphose en mars entre les feuilles (ph 10, 11 ) ou dans les crevasses des charpentières.

Stratégies de lutte

  • C’est lors de la première génération qu’un traitement sera efficace. On utilisera alors un produit à base de Bacilius thurengiensis.
  • L’aide des auxiliaires tels que les larves de Chrysopes, les araignées et également les oiseaux est précieuse, aussi il faudra veiller un avoir un bon écosystème, notamment en mettant en place une haie composite en bordure de l’oliveraie et en limitant les produits chimiques.
  • Le comptage des feuilles minées, des olives tombées avec un trou au niveau de pédoncule et des inflorescences atteintes sont des indicateurs, ainsi que la pose de piège à phéromone.

LA MOUCHE DE L’OLIVE

Bactrocera Oleae

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La mouche de l’olivier (ph 1 et 2) est un ravageur de qualité et de quantité. Elle est le principal ravageur de l’olivier. Les dégâts peuvent être très important, jusqu’à 90 % d’olives abîmées. Elle est reconnaissable entre autre à ses points noirs au bout des ailes. L’adulte mesure 4 à 5 mm de long , l’asticot à la fin de son développement atteind jusqu’à 7 mm (ph 3) et la pupe (nymphe) entre 3 et 4 mm (ph 4).

L’adulte passe l’hiver sous forme de pupe dans les cinq premiers centimètres du sol. Au printemps, les adultes sortent et 3 à 5 générations peuvent se succéder du début de l’été jusqu’au mois d’octobre. La femelle pond en moyenne 300 à 400 œufs, elle dépose un œuf par olive, sous l’épiderme (ph 5).

Une larve va éclore quelques jours plus tard, qui va se nourrir de la pulpe de l’olive et par conséquent grossir et creuser des galeries plus importantes (ph 7). A la fin de sa transformation l’asticot va se transformer en pupe dans l’olive. Une dizaine de jours plus tard, un nouvel adulte va émerger de la pupe et de l’olive (trou de sortie ph 6).

Au 3ème stade larvaire, à l’approche de l’hiver, la larve tombe au sol et se pupifie.

Le climat, les variétés en général à gros fruits et l’irrigation sont des facteurs favorisants.

Dégâts occasionnés

  • Affecte la maturation de l’olive
  • Provoque une chute accélérée
  • Dépréciation du produit en olive de bouche
  • Augmentation du taux d’acidité et l’indice de péroxyde pour l’olive à huile
  • Diminution de la qualité chimique et organoleptique

Stratégies de lutte

La mouche est à placer sous haute surveillance et un traitement préventif est recommandé. Il n’existe pas de solution unique, une alternance ou la conjugaison de plusieurs méthodes s’avèrent souvent nécessaire.

  • La pose de pièges est un des éléments important de la lutte. Il existe plusieurs types de pièges : piège alimentaire avec du phosphate d’ammoniaque ou du sulfate d’ammoniaque (ph 1), les piéges sexuels avec capsule de phéromone (ph2). Dés la première capture un traitement doit être déclenché.

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  • Les périodes de traitements sont principalement en juin et à l’automne (Synéis Appât et Argile pour les cultures biologiques, Dimethoate,Lambda-Cyhalotrine ou Dellamethrine en culture raisonnée). Toujours respecter le Délai Avant Récolte (DAR) de 7 jours.
  • Les auxiliaires pour la mouche sont très limités. Un projet de l’INRA est actuellement en cours, l’introduction (2007) de Psyttalia lounsburyi qui parasite les derniers stages larvaires de la mouche.
  • L’implantation de l’Inule visqueuse est également une pratique, mais attention à la concurrence avec l’olivier.

LA PYRALE DU JASMIN

Palpita (Marganonia) unionalis


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La Pyrale du jasmin est un papillon blanc (ph1), les larves sont des chenilles vertes (ph 2) qui se nourrissent des jeunes pousses. 4 à 5 générations se succèdent de mars à la fin de l’automne.

Dégâts occasionnés

Les dégâts sont en général importants au début de l’été et en octobre.

  • Attaque surtout les jeunes plants
  • Retard de végétation
  • Difficulté à donner ou maintenir la forme du jeune plant
  • Attaques automnales entraînant un retard de reprise au printemps suivant

 

Stratégies de lutte

  • Un traitement printemps ou mi-juillet et un autre mi-août avec un produit à base de Bacilius thurengiensis en traitement biologique. En culture raisonné on utilisera du Lambda-cyhatrine

La lutte est non justifiée sur les arbres adultes.

 

 

LA PYRALE DE L’OLIVIER

Euzophera pinguis

 

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 La Pyrale des troncs est un papillon (ph 1), dont la femelle pond à la base du tronc ou au départ des charpentières. Les larves sont des chenilles (ph 2) qui creusent des galeries anarchiques juste sous l’écorce entravant la libre circulation de la sève.

Elle effectuerait deux générations par an, avec un vol très long des adultes au printemps.

 

Dégâts occasionnés

  • Premier symptôme, une quantité non négligeable de branches sèches avec une boursouflure du tronc au niveau de la présence de la larve, ainsi qu’un éclatement de l’écorce.
  • Si l’attaque importante, cela peut causer la mort de l’arbre.

 

Stratégies de lutte

  • Le piégeage massif n’est pas suffisant
  • Eviter les plaies qui sont un point d’entrée pour les larves
  • Tailler et brûler les bois atteints

 

Les souquets sont plus sensibles.

LE NEIROUN

  Phloeotribus scarabeoides

  

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Le Neiroun est un petit coléoptère noir qui mesure 2 à 3 mm de long (ph1). C’est un ravageur de faiblesse. Il se développe sur des arbres déjà affaiblis ou sur du bois de taille. Il se détecte par l’observation d’amas de sciure sur le tronc ou les charpentière (ph 3).

Les femelles pondent dans une galerie sous l’écorce, et les larves, elles, creusent des galeries perpendiculaires aux galeries mères (ph 2).

Il y a deux générations, une en hiver avec les larves en mars, avril et une autre en été, adulte en juin et larves en juillet, août.

 

 

Dégâts occasionnés

 

  • Les galeries interrompent la circulation de la sève ² entraînent la mort de la branche ou de l’arbre (ph 4).
  • Pendant la phase ailée, il peut attaquer les feuilles.

 

 

Stratégies de lutte

  •   Surveillance accrue des vergers sensibles
  •   Au premier repérage de sciure, couper la branche en dessous et brûler
  •   Eviter de laisser le bois de taille dans la parcelle sauf pour piéger le Neiroun
  •   Donner une bonne alimentation aux arbres pour qu’ils soient vigoureux, notamment pour les arbres transplantés.

 

 

 

L’HYLESINE

  Hylesinus oleiperda

 

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L’Hylésine est un petit scolyte dont le développement est similaire au neiroun. Mais contrairement à lui, il s’attaque aux arbres vigoureux sur des branches de petit diamètre. Il creuse des galeries entravant la circulation de la sève. Facilement reconnaissable, les parties atteintes prennent une coloration rouge violacée et les rameaux atteint on une petite boursouflure.

L’Hylésine effectue une génération par an et l’émergence des adultes se fait en mai.

 

Dégâts occasionnés

  •  Entrave la circulation de la sève et donc provoque l’affaiblissement de l’arbre
  •  Dessèchement des rameaux atteint

 

Stratégie de lutte

  •   Eliminer et brûler les rameaux atteints

LE PSYLLE

 Euphyllura olivina

 

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Psylle est un insecte piqueur-suceur de sève. L’adulte mesure 3 mm de long est de couleur brun-verdâtre et des ailes repliés en triangle sur le dos. Les larves sont de couleur jaune pâle avec des tâches plus sombres sur l’abdomen.

Les larves se cachent sous un amas cotonneux qu’elles secrètent, c’est la génération la plus visible. Le Psylle effectue 3 à 4 générations par an.

 

Dégâts occasionnés

  • Ponction de sève ² avortement des boutons floraux
  • Le miellat secrété peut occasionner de la fumagine

 

Stratégies de lutte

  • Les auxiliaires sont très efficaces surtout les punaises prédatrices Anthocoris et Deraeoris qui sont très présentes dans les vergers.
  • Si l’attaque est faible pas besoin de traitement, sinon utiliser du cuivre, mancozébe au printemps pour la fumagine sauf sur les fleurs ouvertes.

 

 

 

OTIORRHYNQUE

 Otiorrhynchus spp

 

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L’Otiorrhynque est un coléoptère de 7 à 8 mm de long et effectue une génération par an. Ce sont les adultes qui occasionnent les dégâts de fin mai à octobre. L’adulte vit la journée dans le sol et se nourrit la nuit des feuilles. Les échancrures qu’il laisse sur les feuilles sont caractéristiques.

Les larves sont terricoles et se nourrissent des racines de plantes par conséquent elles sont sans danger pour l’olivier.

 

 Dégâts occasionnés

  • Les dégâts sont négligeables exceptés sur les jeunes plantations qui peuvent être fortement affaiblies.

 

 Stratégie de lutte

  • De la glue apposée sur le tronc limite les dégâts et n’entrave pas la croissance de l’arbre.

 

 

CECIDOMYIE DES ECORCES

 Resseliellia oleisuga

 

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La Cécidomyie pond dans les petits rameaux  blessés. Les larves de couleur rose-orangée sont déposées juste sous l’écorce au printemps et occasionnent des dégâts similaire à l’hylésine car elles se développent aux niveau des vaisseaux conducteurs.

 

La Cécidomyie effectue 3 à 4 générations entre début mai et fin septembre et la nymphose se fait dans le sol.

 

Dégâts occasionnés

  • Dégâts sur les arbres de moins de 5 ans ² limite la croissance
  • Dessèchement des rameaux à leurs extrémités

 

Stratégies de lutte

  • Les traitements insecticides contre la mouche de l’olive limitent la population de Cécidomyie.
  • Couper et brûler les rameaux atteints dés l’apparition des symptômes avant que les larves ne tombent au sol et se nymphosent.
  • Eviter les blessures et cicatriser les moindres plaies.

 

 

THRIPS

 Liotrips oleae

  

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Il s’attaque à tous les stades de l’arbre et se nourrit de sève.

  

Dégâts occasionnés

  • Il inocule un suc qui provoque la déformation des feuilles, provoque l’avortement des boutons floraux et la chute des petits fruits.

 

 Stratégie de lutte

  • Couper les zones atteintes

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